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Parcours artistiques

Knud Viktor

Du 10/10/2019 au 16/11/2019
7 Rue Edouard Branly, 18000 Bourges, France

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La Box, galerie de l’école d’art devient un lieu de transmission au sens radiophonique du terme et présente des œuvres sonores issues de recherches autour de la figure de l'artiste pionnier KNUD VIKTOR, dans le domaine de la création sonore et inventeur de l’écologie sonore. Dans le cadre de Perspectiv'Act - 500 ans de Renaissance(s) en Région Centre-Val de Loire

Formé à la peinture et à la gravure à l’Académie des Beaux-arts de Copenhague, plasticien, vidéaste, photographe, précurseur de l’écologie sonore, c’est sur les traces de Van Gogh que Knud Viktor s’installera au début des années 60 dans le Luberon. 

 “Je voulais savoir comment la lumière pouvait transformer un homme”. C’est en découvrant l’influence de la lumière sur le chant des cigales que l’univers sonore de cette région va le capturer. Il passera sa vie à enregistrer une constellation de sons de la nature, bruts, travaillés, retravaillés, à inventer des stratagèmes pour garder la trace des sons imperceptibles, insoupçonnés.

 Si la curiosité scientifique anime sa démarche, c’est aussi l’urgence et la nécessité de «garder une trace de ces ambiances» qui le pousse à enregistrer sans relâche : Knud Viktor constate dès le début des années 70 que l’écologie de sa vallée est sérieusement menacée, que le nombre d’espèces qui y évoluent s’amoindrit au fil des années ou disparaissent tout simplement.

 Bricolant des dispositifs qui lui permettront de capter des sons imperceptibles, le son du vers dans la pomme, celui de l’érosion des Gorges du Régalon située à quelques centaines de mètres de chez lui ou encore les percussions des vers dans le bois, Knud Viktor s’attachera à rendre compte des sonorités qui l’entourent en créant ses «images sonores» – œuvres territorialisées et abstraites, expressions de sensations dont la plus connue est Image VI (ou Symphonie du Luberon) –, mais aussi des heures d’enregistrements de terrain constituant une sorte d’histoire sonore du Luberon, qui lui vaudra le titre de «pionnier» de l’écologie sonore. 

 C’est toujours en tant que peintre et poète qu’il évoquera son approche du sonore et non en tant que musicien ou compositeur, marquant ainsi l’originalité et la singularité d’une démarche irréductible au pratique de la musique concrète et au seul domaine du son. C’est aussi par les moyens de la photographie et de la vidéo qu’il poussera toujours plus loin cette dimension sonore parfois simplement suggérée par l’image, notamment dans le cadre des installations qu’il produira dès la fin des années 1980.

 Si l’œuvre de Knud Viktor reste largement méconnue et confidentielle, il n’en a pas moins participé à quelques expositions importantes de son vivant comme L’Amour de Berlin ou encore Le jardin planétaire. Par ailleurs, ses deux premiers films – Bulles et Aquarelle –  réalisés en 1969 ont rencontré une certaine notoriété. Bulles a en effet été récompensé par le prix Label du Centre Cinématographique Français pour le Court Métrage et Aquarelle, primé par la Copenhague Film Fund, sera projeté à plusieurs reprises en avant première de La mariée était en noir de François Truffaut. Knud Viktor a également collaboré avec de nombreux artistes, notamment Régine Chopinot et Andy Goldsworthy pour la création sonore de la pièce chorégraphique Végétal en 1995. Mentionnons aussi, les deux disques Images et Ambiances édités en 1973 sur le label L’Oiseau Musicien de l’ornithologue Jean Roché. Knud Viktor s’est enfin révélé au grand public à travers plusieurs émissions télévisuelles et radiophoniques, dont celle que lui a consacré Laure Adler sur France Culture en 1985. 

 

Depuis 2015, le collectif NightOwl a engagé une activité de recherche et de diffusion autour du travail de Knud Viktor. D’abord une vidéo, sa voix, son rythme, puis ses images sonores. Piqués par sa démarche, Julie Michel & Olivier Crabbé ratissent la toile et décide de rassembler les matériaux qu’ils parviennent tant bien que mal à trouver sur une page qu’ils lui consacrent. Ils sont étonnés par la renommée de son œuvre et en même temps par la grande difficulté pour y accéder… C’est donc intrigués encore davantage mais aussi de plus en plus « fans » qu’ils commencent un travail d’enquête notamment auprès des personnes l’ayant connu ou ayant travaillé avec lui. L’investigation devient labyrinthique et les rencontres passionnantes, livrant des enregistrements inédits, des histoires au travers desquelles ils découvrent petit à petit les différentes facettes de son œuvre. Les images de « l’ermite » auxquelles ils étaient jusque-là habitués s’épaississent et se complexifient …

 

L’actualité de la démarche de Knud Viktor résonne pour le collectif dans d’autres rencontres, notamment à travers les questions soulevées par la philosophe Vinciane Despret à qui ils empruntent le terme d’éthopoésie pour saisir et étoffer l’une des grandes originalités du travail de Knud Viktor : dans le même geste, mêler l’exploration naturaliste approfondie d’un territoire et la traduction/expression poétique des événements qui le peuplent. 

 

Leur intérêt pour l’œuvre de Knud Viktor les ont conduit à Digne-les bains où sont aujourd’hui conservées ses archives et où il se sont installés. NightOwl a assuré au musée Gassendi le commissariat de la première exposition des archives « Voir Entendre Ecouter Knud Viktor » (2017) et à La maison du Danemark, celui de l’exposition « Knud Viktor. Peintre sonore » (2018). NightOwl a récemment collaboré au numéro « Mondes sonores » de la revue Billebaude et proposé à cette occasion une soirée au Musée de la Chasse et de la Nature.

Avec le soutien du Ministère de la Culture, de la Direction régionale des Affaires culturelles du Centre-Val de Loire, du Conseil régional du Centre-Val de Loire, de la Communauté d’agglomération Bourges Plus. et en partenariat avec : le Musée Gassendi & CAIRN-Centre d’art, l’association « Allo La Terre » (Danemark), l’association « Voir Media Production », l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, l’École doctorale Cultures et Sociétés et le laboratoire de recherche Littératures, SAvoirs et Arts (LiSAA).

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